2005 - 2011

Pendant ce temps, sur scène

En 1998, 23 groupes sont à l’affiche du festival. En 2008, ils sont 60. La hausse est vertigineuse mais un plafond semble avoir été atteint. Le record date de 2006, avec 61 artistes. La part belge du gâteau se stabilise aussi. En fonction des moissons annuelles, la production locale s’arroge entre 15 et 25 pour cent de l’affiche. Les Belges sont emblématiques des années 0. Le festival semble ne plus pouvoir se passer de Stephen et David Dewaele. Depuis 1999, ils participent à chaque édition – sauf en 2001 et en 2007. 2 Many DJ’s clôture à cinq reprises sous le Pyramid Marquee et une fois sur la Main Stage. En 2008, leurs apparitions sont au nombre de 11 au total (Flying Dewaele Brothers, Soulwax, 2 Many DJ’s). Autre grand fait d’armes : en 2008, dEUS est le premier groupe belge qui clôture pour la deuxième fois sur la Main Stage.

A marquer d'une pierre blanche

Le concert de Pearl Jam en 2007 est à marquer d’une pierre blanche. Le groupe américain est en effet la « bête noire » de Rock Werchter. À deux reprises, ils ont dû annuler au tout dernier moment. En 1992, le groupe, qui en est encore à ses débuts, est remplacé in extremis par un groupe alors à peine connu, les Smashing Pumpkins. En 2000, le festival de Roskilde tourne au drame au Danemark et Live remplace alors Pearl Jam.

De 7 à 77 ans

Au départ, Rock Werchter est un festival de jeunes pour les jeunes. Les artistes et le public sont plus ou moins du même age. Aujourd’hui, la pyramide des âges est bien plus étendue: les aînés parmi les artistes et visiteurs pourraient être les grands-parents des plus jeunes. Le doyen est Roger Daltrey (62 ans) des Who, en 2006. Il est suivi de près par Pete Townshend (61 ans -The Who) et Bettye LaVette (60 ans). Tout va aussi beaucoup plus vite. Air Traffic est sélectionné pour le festival en 2007 sur la base de deux singles. Leur premier album « Fractured Life » sort le lendemain du festival. Difficile toutefois de battre le record d’El Tattoo Del Tigre. Ce collectif belgo-cubain n’avait même pas encore de maison de disque en 2000. Et ce n’était que leur quatrième concert.

Verte, ma prairie?

Chaque année, la plaine du festival est de plus en plus « verte ». Rock Werchter investit massivement dans la réduction de son empreinte écologique. Tout commence en 1995 lorsque la collecte des gobelets, recyclés en bancs, est récompensée. Aujourd’hui, tous les aspects du festival sont soumis à un écotest. Rock Werchter recourt aux énergies renouvelables. Les transports en commun sont inclus dans le ticket du festival. Les bus De Lijn utilisent un mélange de biodiesel et sont équipés de filtres à particules. Chaque camping possède son propre parc à conteneurs et remet un sac PMC bleu à chaque campeur.

Un musée sur la plaine

En 2004, une idée aussi simple qu’inventive traverse l’esprit d’Herman Schueremans : et si le bracelet remis à chaque festivalier donnait gratuitement accès à différents musées? Pour un maximum d’impact, l’idée doit être mise en pratique par des jeunes. AmuseeVous voit donc le jour. En 2005, une nouvelle attraction s’installe à Rock Werchter: le musée du festival. Les parrains et marraines musicaux y font la publicité de 26 musées de Belgique. Après l’avoir visité, Ralf Hütter (Kraftwerk) décide de faire la même chose en Allemagne. Plus de 8.000 jeunes gens visitent un musée gratuitement cet été. En 2007, l’art s’empare de tout le festival. Un tank rose de l’armée prend place sur la plaine (Kendell Geers) ainsi qu’une immense jeune fille en bikini (Joep Van Lieshout). En 2008, Rock Werchter suivra ses visiteurs au musée. « It’s Not Only Rock’n’Roll Baby! » expose au Bozar (Bruxelles) l’oeuvre de 20 icônes du rock adeptes des arts plastiques.

Epilogue

La conclusion revient à Herman Schueremans. Ses propos datent d’il y a plus de vingt ans et sont toujours d’actualité: «Je défends une vision : la qualité à un prix abordable pour un maximum de spectateurs.»